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" Permanent Vacation est né de la rencontre entre Jim Jarmusch et Chris Parker, un jeune SDF new-yorkais de 14 ans. Séduit, le réalisateur l'écoute, l'observe, note des idées de scènes, fait des repérages. Puis, deux ans plus tard, il tourne enfin son film, son premier, une esquisse un peu brouillonne de ses oeuvres futures. Chris, à qui il confie le premier rôle, n'a pas changé. Il est toujours ce beatnik citadin et déconnecté, déambulant dans un décor post-apocalyptique. Un adolescent insaisissable, comme les aimait Nicholas Ray, dont Jarmusch fut l'assistant et qui s'éteignit la veille du tournage. En brossant le portrait de ce vagabond juvénile au physique de frêle rockeur, Jarmusch adressait un clin d'oeil posthume à son maître. Il filme les errances d'Allie en une succession de longs plans-séquences sur lesquels plane l'ombre de Charlie Parker, évoqué par les élucubrations saxophoniques de John Lurie. Permanent Vacation a des allures de road-movie pédestre et urbain. Un exemple du cinéma underground new-yorkais, avec tout ce que cela suppose de clichés mais aussi d'irrésistible attirance vers une marge aux confins de l'onirisme. " Frédéric Péguillan pour Télérama